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Carnet de voyage : les couleurs et les sourires des magnifiques femmes du Sri Lanka

Ayant pris avec joie la direction de terre d’Oc il y a près d’un an et pouvant enfin revoyager post-Covid, j’avais hâte d’aller à la rencontre de nos petits fournisseurs du Sri Lanka et des plantations de thés et épices dont j’ai tant entendu parler.

Quelles découvertes, quel émerveillement, quelles émotions pendant ce voyage en avril 2022 au Sri Lanka « la perle d’Asie » qui porte si bien son surnom.

Si ce fut une semaine fantastique remplie de vues époustouflantes depuis les montagnes jusqu’à l’océan, de plantations de thés à flanc de collines, comme dessinées par un peintre, de la jungle luxuriante où poussent mille épices. Des usines de transformation du thé et des épices où des employé(e)s aux costumes colorés s’activent. Ce fut avant tout une semaine de rencontres inoubliables, celles partagées avec les femmes du Sri Lanka.

- Rencontre avec les cueilleuses de thés -

Une aventure singulière dans les jardins de thé

Les rencontres les plus mémorables, les plus remplies d’émotions, ont été celles avec les cueilleuses de thés.

Arpentant les jardins perchés où quelques sangsues ne manquent pas de venir me saluer, je vais à leur rencontre et elles me sourient. Hautes en couleur, elles m’expliquent en quoi consiste leur travail : quelles feuilles elles doivent récolter, la technique particulière qu’elles utilisent ou leurs horaires. Aujourd’hui, il faut cueillir la deuxième feuille, vouée à être transformée en thé noir.

Je leur demande leur prénom, leurs conditions de vie, la composition de leur famille ou si leur travail est difficile. Après avoir répondu à mes questions, elles me demandent à leur tour si j’ai une famille : je leur partage une photo sur mon téléphone. Elles sourient. Leurs gestes et leurs regards sont plus forts que les mots. Ils disent merci : merci d’être venue, merci de votre bienveillance, de votre intérêt pour notre pays et pour ce que nous faisons. Je leur offre des produits fabriqués par terre d’Oc emmenés dans les valises. Les mains s’entrelacent : le sens du toucher, un nouveau regard, un nouveau merci.

Les mains s’entrelacent : le sens du toucher, un nouveau regard, un nouveau merci.

Zoom sur nos cueilleuses de thés : colorées & joyeuses

Ce sont les femmes qui cueillent le thé. Les hommes les aident ensuite à mettre ces feuilles de thé dans de gros sacs acheminés par tuk tuk à l’usine. Elles sont heureuses, joyeuses, colorées. Violet, rose, orange, jaune, c’est un arc en ciel de couleurs au milieu des jardins d’un vert intense. Il pleut tous les jours et la luxuriance est magnifique. Leurs mains ont une dextérité impressionnante, une feuille puis l’autre puis encore une. Pour finir leur acheminement, elles en jettent une dizaine dans le panier sur leur dos.

terre d’Oc travaille uniquement en agriculture biologique. Toutes les cueilleuses me racontent que le Bio a changé leur vie, car c’est meilleur pour la terre et aussi pour leur santé, tout en leur permettant de gagner un peu plus.

- Rencontre avec le groupement des femmes de Kotakithula -

La coopérative MOPA

Les femmes de Kotakithula se sont organisées en communauté à l’échelle de leur petit village et font partie de la MOPA (Marginalized Organic Producers Association). C’est une association qui réunit uniquement des petits fermiers et fermières qui se regroupent en sous-unités, souvent à l’échelle d’un village. Nous connaissons bien une de ces communautés, celle de Kotakithula que terre d’Oc a déjà visitée il y a quelques années. Les femmes nous reçoivent dans la maison commune pour parler et échanger.

En général, elles sont une vingtaine par communauté, avec une leader pour le groupe. Elles n’ont souvent pas plus d’une acre de jardin, derrière leur jolie maison colorée. Dans ce jardin se trouvent plusieurs théiers qu’elles vont cueillir tous les jours de 10 heures à 14 heures. Il y a aussi quelques autres arbres producteurs comme un caféier ou un poivrier pour compléter leurs revenus ou pour leur consommation personnelle… Une fois cueillies, les feuilles de thé sont collectées et amenées dans les usines de transformation de notre partenaire.

Elles sont heureuses de travailler pour la MOPA, en bio et en commerce équitable en étant mieux rémunérées.

Elles peuvent bénéficier de services additionnels comme la formation pour bien tenir leur jardin, les conseils pour faire du compost, un bon engrais mais aussi l’aide pour les soins et pour l’éducation de leurs enfants.

En effet, toutes rêvent d’une seule chose : l’éducation pour leurs enfants en vue de leur donner une meilleure vie et plus de revenus. Elles gagnent en moyenne entre 1000 et 5000 roupies sri lankaises par mois, soit entre 3 et 15 euros pour 10 à 50 kg de thé récolté chaque mois. Cela peut assurer de quoi subvenir aux besoins de 2 personnes mais pas d’une famille. Alors elles complètent leurs revenus. Elles font pousser des fleurs qu’elles vendent ou élèvent des poules. Avec les fientes, elles font du compost qu’elles peuvent vendre. D’autres travaillent aussi dans les petites épiceries du village.

Nos actions en engagements envers la MOPA

L’année dernière, terre d’Oc a financé l’achat de plants de théiers de 3 ans d’âge. Ils ont été distribués au village et au groupement de femmes de Kotakithula qui les ont partagés entre elles pour densifier leurs jardins.

Je suis si heureuse de les avoir rencontrées et si fière de pouvoir les soutenir avec terre d’Oc en achetant leur thé et en essayant toujours d’en faire un peu plus. Les plants se portent à merveille. Ils pourront être récoltés l’année prochaine. Elles me demandent de recommencer. Nous allons mettre en place dès mon retour une proposition pour nos clients d’arrondi à la caisse et nous compléterons pour pouvoir renouveler cette opération dont je mesure toute l’utilité et l’importance aujourd’hui.

- Rencontre avec les employés des usines de transformation de thé -

Immersion dans le quotidien de ces employés aux costumes colorés.

Nous avons visité 4 usines de transformation de notre partenaire, impliquant trois usines de thés et une d’épices. Chaque usine fait vivre environ 1000 fermiers aux alentours.

Partout les hommes nous accueillent avec quelques femmes, toujours avec des fleurs et des feuilles de thé pour notre cou. Ce sont les managers des unités de production. Ils nous amènent ensuite visiter les ateliers.

Principalement, ce sont des femmes qui travaillent sur chaque machine. Elles sont vêtues de tenues de travail aux couleurs magnifiques : vert pomme, vert foncé, jaune. Les couleurs et toujours les sourires. Malgré leurs masques chirurgicaux, leurs yeux sont joyeux ; encore une fois ils me disent merci, merci d’être venue, merci de votre bienveillance, de votre intérêt pour notre pays et pour ce que nous faisons.

Notre soutien envers le personnel de l'usine

Au regard de la situation de ce pays en crise, car les émeutes battent leur plein à Colombo, nous ne pouvions pas rester immobiles. Nous avons donc organisé la distribution de 350 paniers garnis pour le personnel des usines et leur famille : riz, farine, lentilles, pommes de terre, noix de coco, vermicelles…. Un sac lourd en produits alimentaires de première nécessité, qui peut nourrir 10 personnes pendant plus de 2 mois. L’accueil de cette attention a été incroyable avec des émotions et des remerciements dans les yeux de tous.

Donner sans compter, telle est ma devise personnelle et familiale. Je rentre avec les WhatsApp de plusieurs d’entre elles en vue de perpétuer et accentuer nos liens pour la suite et en vue de propager la valeur de l’entraide que nous prônons dans notre entreprise. C’est en changeant tous un petit peu, que l’on peut tout changer, c’est ce que nous pensons chez terre d’Oc.

Né du talent des femmes…. Né du talent des femmes sri-lankaises.
Laure Vincent
Directrice Générale